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- Etienne Michardiere

Franziska Heimberger, coauteurs du blog La boite à outils des historiens, a publié un article qui regroupe les ressources les plus importantes concernant l’Open Access.

L’Open Access repose sur un principe : rendre accessible gratuitement, en ligne, toute production issue d’un travail de recherche. Dès 1991, des communautés scientifiques ont utilisé des serveurs pour stocker leur prepints et postprints dans des archives ouvertes et contourner ainsi le problème des abonnements coûteux à leurs propres publications.Plusieurs déclarations internationales, comme la déclaration de Budapest (Open Access Initiative), dessinent les grands cadres à suivre pour aboutir à une diffusion libre de la littérature scientifique, avec l’auto-archivage des publications par les chercheurs et la création de revue en open access.L’article de Franziska Heimberger permet à n’importe qui, novice ou expérimenté dans le domaine, de se renseigner sur l’Open Access. Un regroupement éclectique de différentes sources et supports (vidéos, audio, documents textes) qui permet une bonne approche de l’Open Access.

Source : les-infostrateges.com

Blog de Franziska Heimberger ici.

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Tendance
- Virginie Boillet

Le Conseil de l’Union européenne encourage les Etats-membres et l’Union européenne à élaborer des politiques en faveur du libre accès aux publications scientifiques et aux données de la recherche, la préservation et la réutilisation des informations scientifiques et les infrastructures nécessaires à leur dissémination.

Par ailleurs, le Conseil est en accord avec la Commission européenne pour faire du libre accès aux publications scientifiques un principe appliqué au programme-cadre de recherches « Horizon 2020 ». Cette prise de position a eu lieu lors d’un débat ayant comme base la communication et la recommandation produites par la Commission européenne, en juillet 2012, sur l’accès et la conservation des informations scientifiques.
Source : Inist

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Avis d'expert
- Virginie Boillet

Article posté par Bibliobsession sur son blog :

Vous connaissez peut-être Unglue-it, cette excellente initiative de libération des livres. Le principe est simple et bien expliqué par Lionel Maurel : Unglue.it agit comme un intermédiaire qui propose à des titulaires de droits sur un ouvrage déjà édité (auteur et éditeur) de fixer un prix en contrepartie duquel ils accepteraient de placer l’oeuvre sous licence Creative Commons (en principe la CC-BY-NC-ND : reproduction et diffusion permises, mais sans usage commercial et sans modification).
 
Une fois un accord trouvé, la plateforme Unglue.it permet de lancer une campagne de financement, afin de réunir la somme demandée dans un temps donné. En cas de succès, les titulaires de droits s’engagent à publier l’ouvrage sous forme de livre numérique, gratuitement, sous licence Creative Commons et sans DRM. La somme demandée couvre donc à la fois la réalisation du livre numérique et un forfait pour « compenser » la libération de l’oeuvre.
 
L’idée est simple et efficace : l’intérêt d’une communauté pour un livre finance une fois pour toute sa libération juridique tout en permettant une opération économique viable pour l’éditeur. L’éditeur fixe le montant initial et l’intermédiaire prend une commission. A la fin du processus, les internautes ont créé une ressource informationnelle capable de devenir un bien commun de la connaissance par l’appropriation communautaire dont il peut faire l’objet, relativement à la communauté qui en a financé la transformation ! Une nuance cependant, la licence creative commons utilisée est l’une des plus restrictive, elle ne permet ni un usage commercial ni une oeuvre dérivée. Or la licence la plus favorable aux développement de biens communs de la connaissance est celle qui permet tous les usages, surtout les oeuvres dérivées et le partage à l’identique. Le système fonctionne depuis quelques mois, mais il faut bien reconnaître que le choix des titres n’est pas toujours des plus intéressants et qu’il est parfois difficile de mobiliser une communauté autour d’un titre…
 
Mais que se passerait-il si la libération portait non pas sur des titres mais bien sur des corpus de titres scientifiques ? C’est l’excellente idée qu’a eu Knowledge Unlatched. Le système n’est pas encore lancé, mais la structure existe. La promesse est similaire sauf que cette fois ce ne sont plus les internautes mais les bibliothèques qui, par l’achat de corpus, financent la libération pour TOUS des contenus scientifiques. Un programme pilote de 3 ans est lancé, il permettra de déterminer le juste prix et d’affiner le modèle économique. Evidemment, l’intermédiaire comme l’éditeur prennent une commission sur le prix de la libération.
 
A l’heure où on cherche activement à montrer que la voie platinum de l’Open Access est économiquement viable, voilà qui va en intéresser plus d’un. La voie Platinum est ainsi définie par le Conseil scientifique d’OpenEdition :
 

Nous manifestons notre préférence pour une troisième voie pour le libre accès. La voie appelée platinum est celle d’une édition en libre accès qui permet aux auteurs de publier et aux lecteurs de lire sans obstacle financier. Pour financer un tel modèle, diverses modalités existent, recensées par l’Open Access Directory. Nous privilégions un modèle hybride, le modèle  Freemium, dans lequel le texte est en libre accès, mais un ensemble de services à forte valeur ajoutée sont par ailleurs commercialisés. C’est dans cette optique qu’OpenEdition a lancé en 2011 OpenEdition Freemium pour les revues, et lancera fin 2012 un programme Freemium pour les livres (OpenEdition Books)
 
Voilà donc le genre de modèle qui montre que les biens communs de la connaissances et l’Open access ne résument pas à de gentils défenseur de l’internet ouvert ou de gentils défenseurs de services publics désargentés… Or les licences Nationales qui consistent à acheter au niveau de l’Etat des contenus sous droit pour les libérer dans les bibliothèques sont souvent considérées par les bibliothécaires comme une forme de libération ultime. Pourtant, elles font pâle figure face à une voie platinum à grande échelle telle que la propose Knowledge Unlatched. Et si au lieu de financer une libération pour les publics actuels des bibliothèques : pour les étudiants et les chercheurs estampillés comme tels, on considérait que la libération devait avoir lieu pour tous les citoyens donc tous les internautes ?
 
La démarche de l’Open Access n’est plus un supplément d’âme, on a changé d’échelle ! L’objectif stratégique suivant est énoncé par Mme Fioraso, Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.
 

« L’information scientifique est un bien public qui doit être disponible à tous, sans restriction d’accès, et dont les bénéfices doivent être partagés par tous. Le secteur des publications scientifiques a connu de profonds bouleversements liés à la fois à l’internationalisation de la diffusion des savoirs scientifiques et à l’apparition de quelques grands groupes d’éditeurs qui ont imposé à l’ensemble des établissements d’enseignement supérieur et de recherche des augmentations tarifaires importantes.
 
Dans le même temps, les scientifiques ont exploré des modes plus directs de diffusion de leurs travaux. Ils ont été soutenus par leurs institutions et parfois encouragés par les gouvernements. Progressivement, plusieurs modèles de libre accès se sont développés, le mode de l’Open Access ou accès libre apparait sans conteste la nouvelle façon de diffuser l’information scientifique.
 
Il y a de rares moment ou en dehors de toute considération partisane, une partie de la classe politique fait son boulot : elle fixe le cap des politiques publiques. L’anglais distingue d’ailleurs l’arène partisane de la politic au nécessaire temps long de la policy (politiques publiques).
 
Le changement est profond! C’est désormais officiel : la fonction des outils de politiques publiques que sont les bibliothèques universitaires n’est plus de « donner accès à » mais bien de « libérer des contenus  POUR TOUS ». Vous travaillez en bibliothèque publique ? Sentez-vous concernés, avec plus de 80% d’une classe d’âge qui fait des études supérieures, ce serait irresponsable de dresser des frontières étanches.
 
Mesurons l’abîme entre cette démarche et le désarroi stratégique d’une BnF qui encapsule du patrimoine commun du domaine public au bénéfice de quelques marchands sélectionnés. Je m’associe au collectif SavoirsCom1 pour critiquer ces Accords. Il s’agit pour la BnF, dans le cadre du grand emprunt de vendre des licences d’accès à des bibliothèques. On vend des accès en créant des enclosures artificielles sur le domaine public. C’est bien pour ça que la démarche est choquante alors même que le domaine publique n’est la chose de personne (Res nullius).
 
Dans ce système, les bibliothèques accumulent des trésors derrières des forteresses artificielles qui sont au coeur d’un modèle économique dépassé. La démarche est strictement opposée à une voie platinum qui libère les contenus tout en se rémunérant sur autre chose que la barrière d’accès.
 
L’idée sous-jacente qui autorise, voire justifie la démarche de la Bnf est rarement explicitée. Elle est pourtant très commune chez les bibliothécaires et très dangereuse : les publics attirés par ces trésors franchiront les forteresses, d’une manière ou d’une autre. Comme nos établissements sont très souvent évalués à la lumière de leur fréquentation in situ à partir d’une communauté territoriale ou académique, le lien est vite fait : des données exclusives attirent, et le libre accès numérique éloigne des lieux. Misère de l’évaluation des performances des services publics par la dramatique absence de réflexion sur les objectifs et leur évaluation.
 
Pour mémoire ce schéma permet de comprendre en un éclair qu’une évaluation par la fréquentation n’est rien sans l’inscription d’une politique publique dans un contexte social et l’existence d’objectifs opérationnels. Désarroi stratégique, oui.
 

On voit bien ici que la réponse à un « enjeu public » en haut à gauche du schéma ci-dessus est formulable comme suit : favoriser la diffusion du Patrimoine commun, en tout cas tel qu’il est proclamé par tous les Ministres de la Culture et par les directions d’établissements. Ce qui se passe c’est qu’il est effacé par un objectif contradictoire et moins avouable des seconds par rapport aux premiers : maintenir la fréquentation du lieu pour sauvegarder les budgets. Si l’enjeu stratégique d’une meilleure diffusion du patrimoine commun était vraiment traduite en objectifs opérationnels, alors jamais de tels accords n’auraient pu être signés.
 
Voilà un problème, au delà de la BnF qui guette toutes les bibliothèques… Combien de fois ai-je lu par exemple des phrases déplorant la fermeture des bibliothèques anglaises ? Il faut pourtant savoir que la plupart des bibliothèques fermées étaient des placards à balais avec quelques livres dedans dont la fermeture était justifiée. L’objectif défendu par était-il : garder un nombre de bibliothèques le plus élevé possible sur un territoire ? Ou était-il : concentrer les moyens pour que les bibliothèques ouvertes soient les plus efficaces par rapport aux enjeux auxquels elles répondent ? Qu’il y ait eu des fermetures par pure économie est un fait, mais à trop déconnecter les moyens des objectifs on finit par défendre l’indéfendable.
 
Il y a aussi de l’ironie à voir l’intérêt que suscitent les troisièmes-lieux et le refus d’envisager ce que porte le concept même de tiers-lieux : une approche intégrée des services publics avec forte participation des habitants… et mon petit doigt me dit que ça ne se fera pas sans « quelques transformations » sur les territoires. Le déplorer c’est une chose, anticiper est une autre non ? Attention n’y voyez pas une position de surplomb de ma part, je n’ignore pas combien les réformes sont difficiles, j’exprime juste un ras-le-bol devant la question des moyens portée en bandoulière.
 
Ajoutons que l’évaluation à partir de la fréquentation du lieu est renforcée par un sous-entendu qui relève carrément selon moi de l’ethnocentrisme de classe : ceux qui identifieront les trésors et sauront franchir les forteresses pour y accéder, et le méritent. Nous voilà ramenés des années en arrière, au pires heures des intermédiaires exclusifs qu’étaient les établissements gérant jalousement des accès aux Trésors Nationaux. Nous voilà en pleine violence symbolique par ceux-là même qui ont cité Bourdieu en passant des concours…
 
Le web est passé par là… et pourtant. Alors que la levée de bouclier est quasiment unanime contre les Accords BnF , on ne peut que rester effaré en lisant que l’association Wikimédia, tout en déclarant se rallier à la cause commune, propose une voie de sortie à la BnF garantissant l’égalité d’accès des citoyens :
 

Nous pensons également que le partenariat peut être amendé. En particulier, si nous nous réjouissons que les scans soient disponibles dans les murs de la BnF (où se trouvent déjà l’exemplaire originel), il nous semble important que des points d’accès existent dans les autres régions afin de promouvoir le principe d’égalité d’accès des citoyens aux services publics et à la connaissance. Or, la BnF travaille avec un réseau de bibliothèques, qui doivent donner accès au dépôt légal du web : y proposer les scans nous semble un projet raisonnable qui concilie les besoins des lecteurs et les contingences du prestataire.
 
Belle égalité d’accès que des accès au domaine public dans les murs d’un réseau de Bibliothèques partenaires, alors même que ces contenus doivent circuler librement sur le web ! Je rejoins l’analyse de Désert de sel : cette position de la part de Wikimédia est proprement sidérante. Même si le débat interne à l’association a semble-t-il été rude, on ne peut que déplorer que de telles propositions soient avancées publiquement.
 ¦Quand cesserons-nous de hiérarchiser les usages sur place et les usages à distance ?
 ¦Quand cesserons nous de penser que la performance des services publics dont nous avons la charge se mesure à la fréquentation des lieux ?
 ¦Quand arriverons-nous à construire des métriques mesurant non pas seulement l’efficacité de l’accès aux informations que nous proposons mais aussi l’efficacité des services ?
 ¦Quand déplacerons nous le centre de gravité des établissements publics culturels du prêt ou de l’accès vers des dispositifs de médiation et les services évalué quantitativement et qualitativement ? Il devient urgent de redéfinir nos objectifs de politiques publiques.
 
Si j’ai co-fondé avec Lionel Maurel le collectif SavoirsCom1 qui est sous-titré politiques des biens communs de la connaissance, c’est parce que je crois profondément (avec d’autres) que l’approche par les biens communs est de nature à ré-orienter les objectifs stratégiques des services publics du secteur élargi de l’information-documentation. Le développement du libre accès par la voie platinum est un signe positif, les accords BnF sont un symptôme de ce qu’il ne faut plus faire. Sans fétichiser le domaine public ou l’accès libre aux informations scientifiques ou patrimoniales nous considérons qu’elles sont autant de contenus potentiellement appropriables par des communautés donc des biens communs en puissance. S’il s’agit de rendre possible le développement de biens communs de la connaissance au bénéfice de tous, alors voilà le socle que nous devons élaborer et qui se déploie dans le Manifeste du collectif SavoirsCom1. A travers ce collectif et ces prises de positions, il ne s’agit pas de défendre les bibliothèques dans le vide, mais bien au-delà, de défendre ou d’élaborer des politiques publiques contextualisées permettant le développement de biens communs de la connaissance. Les bibliothèques y prendront place, sous leurs formes actuelles, ou pas.

Source : http://www.bibliobsession.net/2013/01/29/de-la-fourniture-dacces-a-la-liberation-des-contenus-repenser-nos-politiques-publiques/



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Conférence
- Virginie Boillet

La journée « Open data, la conférence » du 27 septembre dernier, dont serdaLAB était partenaire, a été rythmée par les key notes de nombreux intervenants français et internationaux de qualité. Débats autour du besoin de transparence ainsi que sur les potentialités économiques de l’open data ont émaillé la journée. Tout en insistant sur la nécessité d’un écosystème à créer autour des données, qu’elles soient publiques ou privées, et le besoin que les citoyens s’en emparent.

Tendance
- Manon Vincent

Le Secrétaire d’Etat chargé des Universités et de la Science, David Willetts, a annoncé le 16 juillet dernier que le gouvernement britannique acceptait la plupart des recommandations énoncées dans le rapport intitulé « Accessibility, sustainability, excellence : how to expand access to research publications », publié le 18 juin 2012 (1). Ce rapport réaffirme le principe selon lequel les recherches scientifiques conduites à l’aide de fonds publics devraient être accessibles à tous et recommande au gouvernement de Grande-Bretagne « l’adoption rapide d’une politique d’Open Access ». En outre, le rapport préconise une étape de transition s’appuyant sur la « voie dorée hybride », plutôt que sur la « voie verte » : les éditeurs de périodiques commerciaux pouvant ainsi toujours facturer certains articles à leurs lecteurs, tout en publiant les autres en Open Access (2).

La « voie dorée » est également préconisée par la DFG (Deutsche Forschungsgemeinschaft), l’agence principale pour la promotion de la recherche dans les universités et institutions de recherche financées par des fonds publics en Allemagne, considérant que « la voie verte est juridiquement moins sûre ».

Toutefois, SPARC Europe, l’agence européenne qui vise à la promotion et au développement de l’Open Access, bien que saluant « l’orientation prise vers l’Open Access », « déplore le coût impliqué dans le type de transition recommandée ». SPARC Europe reproche notamment au rapport Finch « de ne pas s’appuyer sur l’existant et d’ignorer le fait que la grande majorité du contenu accessible en Open Access en Grande-Bretagne actuellement est fourni par le Green OA (voie verte) ». 35% des articles de la recherche britannique sont, en effet, fournis par la « voie verte », alors que 5% seulement sont publiés via la « voie dorée ».

Or, selon différents acteurs du monde universitaire, la « voie verte » ne doit pas être déconsidérée, présentant, elle aussi, certains avantages pour les chercheurs. Ils rappellent, entre autres, que cette voie est compatible avec les modèles économiques d’abonnements payants, tandis que la « voie dorée » est coûteuse et « bénéficiera essentiellement aux éditeurs de périodiques ».

 

(1)   Un résumé de rapport est disponible en français sur le site de l’INIST, à l’adresse suivante : http://openaccess.inist.fr/

(2) Rappelons que la « voie verte » définit un système dans lequel les chercheurs déposent leurs articles sur une page personnelle ou une archive ouverte après les avoir soumis à une revue.

 

Source : couperin.org.

Tendance
- Manon Vincent

A la suite de la décision de la Bibliothèque publique de New York (NYPL) de transférer une partie de ses ressources vers un autre site de stockage et de la désormais nécessité pour les usagers souhaitant consulter ces livres d’effectuer une demande 24h à l’avance, David A. Bell, professeur d’histoire à l’Université de Princeton, s’interroge sur le rôle des bibliothèques de demain, à un moment où toute personne possédant un accès internet peut consulter un grand nombre de ressources électroniques en ligne et ce, de manière gratuite.

 

L’avenir des bibliothèques tient-il à des espaces sans livre ?

Alors qu’il y a quelques années les bibliothèques étaient l’unique lieu où les usagers pouvaient venir consulter et emprunter des ouvrages gratuitement, le développement de l’offre numérique et l’arrivée des ebooks a remis en cause ce modèle. En effet, aujourd’hui, des millions d’ouvrages libres de droit sont disponibles grâce au projet Gutenberg ou à Google, réunissant sur le Web bien plus de ressources que n’importe quelle bibliothèque physique. Or, David A. Bell note que, si, pour l’instant, de nombreux américains ne disposent pas encore d’un accès à des ressources numériques, le nombre de personnes y accédant croît de jour en jour et il est probable que cet accès sera certainement à la portée de tous dans vingt ou trente ans. Pour David A. Bell, en plus de récupérer de l’espace de stockage dans les bibliothèques, l’usage du numérique en bibliothèque permettrait de rendre l’accès aux ressources plus rapide pour les usagers et de réduire la charge de travail des bibliothécaires. Et même si de nombreuses personnes affirment que le support numérique est beaucoup plus fragile que le support papier et que les formats numériques évoluent rapidement, David A. Bell aime à rappeler que les supports numériques, même s’ils sont périssables, sont beaucoup plus faciles à dupliquer que des supports papier. 

 

L’épineux problème des ouvrages encore soumis aux droits d’auteur

Les ouvrages encore soumis aux droits d’auteur sont, par contre, beaucoup plus problématiques à traiter. Ainsi, s’il apparaît intéressant et fondé de numériser les œuvres libres de droits, pour les ouvrages encore soumis aux droits d’auteur, cela est plus hasardeux. David A. Bell cite ainsi l’exemple de Google (avec le lancement de Google Books) qui, déjà empêtré dans de nombreux procès liés aux violations des droits d’auteur, risque de l’être encore dans quelques années tant les procédures sont longues et les problèmes complexes. David A. Bell souligne, en outre, que les éditeurs ne sont pas non plus à l’abri avec leur programme de prêt de livres électroniques.

 

L'importance de préserver l'expertise des bibliothécaires

Mais fait important que note David A. Bell : réduire la taille et le nombre de services offerts par les bibliothèques revient également à réduire l’expertise des personnels des bibliothèque, qui, souvent, sont les seuls à pouvoir aider les clients ayant des requêtes spécifiques. Or, c’est cette expertise qui au-delà des supports est à préserver

Bell estime donc que les bibliothèques doivent impérativement s’adapter à ce nouvel âge numérique, sous peine de subir de plein fouet les effets de cette nouvelle économie.

 

Pour lire en intégralité l’article de David A. Bell intitulé The Bookless Library, cliquez ici.

Pour accéder au site de la Bibliothèque Publique de New York, cliquez ici.

 

Source : Chris Meadows, Teleread.

Tendance
- Manon Vincent

Dans un rapport majeur publié récemment sur le libre accès éditorial, le gouvernement britannique recommande la mise en ligne des articles issus de la recherche scientifique financée par les contribuables. Or, si ce projet semble être en faveur d’un accès libre, de nombreuses voix s’élèvent parmi les universitaires pour dénoncer un système fortement orienté au bénéfice de l’industrie éditoriale et au détriment de la recherche britannique.

Chiffres-clés
- Manon Vincent

InTech, un éditeur multidisciplinaire, vient de publier les résultats d’une étude menée en avril dernier auprès de 211 bibliothécaires et intitulée « Assessing the role of librarians in an Open Access world », ayant pour but d’évaluer le rôle des bibliothécaires dans le monde du libre accès (Open Access). InTech a ainsi cherché à analyser :

- le niveau de connaissances des bibliothécaires vis-à-vis de la publication en libre accès ;

- leurs opinions et leurs attitudes envers le libre accès ;

- leur rôle actuel en ce qui concerne le libre accès ;

- les changements induits par le libre accès.

 

Quelques résultats de l’étude à retenir :

- 95% des participants à l’étude connaissent bien ou assez bien le modèle Open Access ;

- 78% des participants y sont favorables ;

- 26% pensent que le libre accès va devenir le modèle prédominant dans les communications savantes ;

- 95% pensent que ce modèle apporte déjà ou apportera bientôt de réels bénéfices, tandis que seulement 5% pensent que ce modèle n’a pas d’intérêt et ne doit donc pas être privilégié par rapport à d’autres modèles ;

- les deux façons les plus fréquentes de promovoir de l’Open Access sont : l’organisation d’évènements / la publication d’articles (87%) et la promotion du modèle Open Access auprès des lecteurs (74%).

- Pour 97% des participants, c’est aux bibliothécaires de sensibiliser le public à ce modèle. Néanmoins, 58% d’entre eux considèrent qu’ils ne sont pas assez informés sur ce modèle.

- De nombreux participants pensent que les bibliothécaires saisissent mieux les enjeux de l’Open Access que l’ensemble des auteurs et des lecteurs.

 

Pour accéder à l’étude dans son intégralité, cliquez ici.

 

Source : openaccess.inist.fr, Thérèse Hameau.

- Manon Vincent

Le 29 mai dernier, était organisée à Bruxelles une journée pour présenter les derniers résultats du projet PEER (Publishing and the Ecology of European Research). Ce projet européen qui regroupe des éditeurs et des chercheurs issus de la communauté scientifique a pour but d’étudier comment les scientifiques s’approprient et utilisent les archives ouvertes en ligne. L’idée étant d’imaginer, à partir de ces observations, un nouveau système économique respectant non seulement les règles du marché de l’édition mais aussi le principe du libre accès à la connaissance. 

Signalons quelques conclusions auxquelles sont parvenus les différents intervenants :

- les éditeurs, les bibliothèques et les organismes de recherche peuvent collaborer avec succès dans le domaine du libre accès ;

-  les chercheurs sont favorables au libre accès mais sont toutefois réticents à l’idée de déposer leurs articles malgré les demandes réitérées des éditeurs ;

- le dépôt à grande échelle augmente l’accès ;

- rien ne prouve que l’auto-archivage a des effets nuisibles sur la viabilité des revues.

Les présentations des intervenants sont consultables en ligne.

 

Source : Thérèse Hameau, Inist.

- Manon Vincent

L’Association of Learned, Professional and Society Publishers (ALPSP) et la Publishers Association viennent de publier un rapport, recommandant de ne pas étendre l’embargo (1) de six mois à l’ensemble des revues, tant qu’une étude n’aura pas été lancée pour trouver un modèle alternatif de publication en libre accès acceptable à la fois par les éditeurs et par les bibliothèques.

L’étude est consultable ici.

(1) L’embargo désigne la période d’interdiction imposée par l’éditeur pendant laquelle le texte intégral des documents ne peut être consulté en open access (« accès libre »).

Source : Thérèse Hameau, Inist.

 


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