bibliothèque numérique
Domaine Abonnez vous au flux RSS associé Archive RSS
Actu marché
- Manon Vincent

Selon un communiqué de presse paru en début de semaine, l’OCLC (Online Computer Library Center) vient de s’associer à la bibliothèque européenne Europeana dans le cadre d’un projet de Linked Data. Le but de ce partenariat est d’optimiser la navigation sur la plateforme Europeana, en développant un algorithme de calcul de similarités sémantiques sur l’ensemble de la base de données. Les données ainsi reliées (Linked Data) permettraient alors d’établir des connexions sémantiques entre les différents objets de la plateforme.

Rappelons que la bibliothèque Europeana est une bibliothèque numérique lancée en novembre 2008 par la Commission européenne, visant à « promouvoir la recherche et les échanges entre les bibliothécaires, archivistes et conservateurs, et les mettre en rapport avec les industries créatives et les innovateurs du numérique ». Quant à la base de données Europeana, dont l’interface est disponible en 29 langues, elle contient plus de 24 millions d’ouvrages, de peintures, de films, de photographies et de documents d’archives. Ses ressources proviennent de plus de 2200 institutions, issues de 33 pays différents. Fait important, Europeana n’archive pas les œuvres, mais sert uniquement de catalogue de recherche, les œuvres étant disponibles à travers des liens vers l’institution qui les a numérisées.

L’idée de lier les données grâce aux Linked Data a été envisagée afin de régler certains problèmes propres à l’agrégation de métadonnées issues de collections hétérogènes, tels que des problèmes de duplication des données, une granularité inégale dans la description des objets, des problèmes d’ambiguïté entre les versions originales et dérivées d’un même objet, etc. Cette initiative devrait par exemple permettre de regrouper les différentes traductions existantes d’un même ouvrage, de lier une peinture et la photographie de cette dernière ou les différentes éditions d’un même livre, etc. Le projet donnera lieu à l’implémentation d’un modèle de données pour Europeana (Europeana Data Model ou EDM), qui permettra, d’une part, d’améliorer l’expérience de recherche des utilisateurs finaux et contribuera, d’autre part, à développer de nouvelles solutions autour des métadonnées pour des acteurs tiers.

 

Source : Julien Helmlinger, Actualitte.com et Communiqué de Presse de l’OCLC du 20/08/2012. .

Actu produit
- Elise Garet

Orange lançait en 2011 le projet Modèle Ouvert Trois Tiers (MO3T), regroupant 18 acteurs de l'industrie du livre, couvrant toute la chaîne d'activité. Parmi ces acteurs se trouvent aujourd'hui les opérateurs Orange et SFR, les éditeurs Editis, Eden (Gallimard, La Martinière et Flammarion),le réseau Dilicom, le Syndicat de la Librairie Française (SLF), les libraires Dialogues, la FNAC, La Procure ou encore De Marque. Le projet a obtenu en juillet 2012 le soutien du Commissariat Général à l'Investissement.

David Lacombled qui pilote le projet MO3T le définit comme étant avant tout "un projet de convergence et de fédération des acteurs. Nous ne nous articulons pas autour de la création d'une nouvelle offre, et en ce sens MO3T ne sera pas une énième librairie en ligne, proposant des livres numériques. Il s'agit au contraire d'un projet de service qui soit interopérable et pérenne. Et qui, pour se structurer, tente de réunir tous les acteurs concernés autour d'une table."

Sorte de bibliothèque numérique personnelle stockée dans le Cloud, MO3T n'a pas vocation à concurrencer les librairies numériques que sont Amazon, Google ou Apple. Tous les acteurs, distributeurs, opérateurs, éditeurs et bibliothécaires, pourront s'y interfacer et l'objectif sera de maintenir l'accès aux oeuvres, sans limite de temps. MO3T assure une contuinité dans les usages, et ce grâce au Cloud. Selon Orange, le but à terme est "d'être en mesure d'intégrer ces acteurs [Amazon ou Google, ndlr] à l'écosystème qui sera mis en place." Il serait alors possible d'imaginer pouvoir stocker dans un seul et même endroit des ebooks achetés dans des librairies différentes, au format EPUB ou Kindle, que la plateforme serait capable de lire indifféremment.

Ce projet a obtenu le soutien du Commissariat Général à l'Investissement (CGI) qui a investi 3 millions d'euros pour la phase de test de 6 mois lancée par Orange. Une phase d'insdustrialisation est prévue à partir de 2013, avec un investissement plus conséquent de plusieurs dizaines de millions d'euros. La phase de test consiste notamment à envisager tous les usages potentiels, tels que le prêt de livre numérique acheté par un utilisateur à un autre. Orange estime en avoir dénombré près d'une centaine.

Dans l'attente de la notification officielle du CGI, Alain Cerisier, responsable numérique des éditions Gallimard, explique que la communication autour du projet est en pause. Cette notification déclenchera la mise en marche tandis que pour l'instant aucun mode opératoire n'est spécifié. Selon Vincent Marty, directeur Général de Dilicom, "ce qui caractérise MO3T c'est que rien ne doit être exclu. En termes de fonctionnalités nous souhaitons que tout soit possible."

Manque à l'appel le géant de l'édition Hachette, qui préfère ne pas prendre part au projet: "Notre groupe se tient volontairement à l'écart de ce projet qui nous paraît flou quant à ses objectifs. Dans le contexte actuel Hachette se montre particulièrement vigilant à tout ce qui pourrait ressembler de près ou de loin à une entente." Ce projet ne serait qu'une nouvelle tentative d'Orange de pénétrer l'industrie du livre, après l'application Read&Go, le réseau social lecteurs.com et le prix Orange du Livre décerné annuellement à la BnF. Hachette n'est cependant pas imperméable au Cloud, le groupe travaillant à son propre outil (plus d'infos).

 

Source: Actualitté.com

Tendance
- Manon Vincent

A la suite de la décision de la Bibliothèque publique de New York (NYPL) de transférer une partie de ses ressources vers un autre site de stockage et de la désormais nécessité pour les usagers souhaitant consulter ces livres d’effectuer une demande 24h à l’avance, David A. Bell, professeur d’histoire à l’Université de Princeton, s’interroge sur le rôle des bibliothèques de demain, à un moment où toute personne possédant un accès internet peut consulter un grand nombre de ressources électroniques en ligne et ce, de manière gratuite.

 

L’avenir des bibliothèques tient-il à des espaces sans livre ?

Alors qu’il y a quelques années les bibliothèques étaient l’unique lieu où les usagers pouvaient venir consulter et emprunter des ouvrages gratuitement, le développement de l’offre numérique et l’arrivée des ebooks a remis en cause ce modèle. En effet, aujourd’hui, des millions d’ouvrages libres de droit sont disponibles grâce au projet Gutenberg ou à Google, réunissant sur le Web bien plus de ressources que n’importe quelle bibliothèque physique. Or, David A. Bell note que, si, pour l’instant, de nombreux américains ne disposent pas encore d’un accès à des ressources numériques, le nombre de personnes y accédant croît de jour en jour et il est probable que cet accès sera certainement à la portée de tous dans vingt ou trente ans. Pour David A. Bell, en plus de récupérer de l’espace de stockage dans les bibliothèques, l’usage du numérique en bibliothèque permettrait de rendre l’accès aux ressources plus rapide pour les usagers et de réduire la charge de travail des bibliothécaires. Et même si de nombreuses personnes affirment que le support numérique est beaucoup plus fragile que le support papier et que les formats numériques évoluent rapidement, David A. Bell aime à rappeler que les supports numériques, même s’ils sont périssables, sont beaucoup plus faciles à dupliquer que des supports papier. 

 

L’épineux problème des ouvrages encore soumis aux droits d’auteur

Les ouvrages encore soumis aux droits d’auteur sont, par contre, beaucoup plus problématiques à traiter. Ainsi, s’il apparaît intéressant et fondé de numériser les œuvres libres de droits, pour les ouvrages encore soumis aux droits d’auteur, cela est plus hasardeux. David A. Bell cite ainsi l’exemple de Google (avec le lancement de Google Books) qui, déjà empêtré dans de nombreux procès liés aux violations des droits d’auteur, risque de l’être encore dans quelques années tant les procédures sont longues et les problèmes complexes. David A. Bell souligne, en outre, que les éditeurs ne sont pas non plus à l’abri avec leur programme de prêt de livres électroniques.

 

L'importance de préserver l'expertise des bibliothécaires

Mais fait important que note David A. Bell : réduire la taille et le nombre de services offerts par les bibliothèques revient également à réduire l’expertise des personnels des bibliothèque, qui, souvent, sont les seuls à pouvoir aider les clients ayant des requêtes spécifiques. Or, c’est cette expertise qui au-delà des supports est à préserver

Bell estime donc que les bibliothèques doivent impérativement s’adapter à ce nouvel âge numérique, sous peine de subir de plein fouet les effets de cette nouvelle économie.

 

Pour lire en intégralité l’article de David A. Bell intitulé The Bookless Library, cliquez ici.

Pour accéder au site de la Bibliothèque Publique de New York, cliquez ici.

 

Source : Chris Meadows, Teleread.

- Manon Vincent

Tandis que le terme NFC (pour Near Field Communication ou « communication en champ proche » (1)), évoque plutôt le paiement sans contact ou le partage de fichiers, les instigateurs du projet Ingeborg ont utilisé cette technologie à des fins culturelles. La ville de Klagenfurt au Sud de l’Autriche a en effet mis en place depuis le 2 juillet le projet Ingeborg ayant pour but « de transformer la ville en bibliothèque ». Grâce à 70 tags NFC et QR code répartis à travers la ville, chacun peut télécharger des ouvrages libres de droits en scannant les vignettes au moyen d’un Smartphone. Pour trouver les bornes, il suffit de se rendre sur le site web de l’opération et de jeter un coup d’œil à la carte de la ville. La plupart des ouvrages sont issus du projet Gutenberg qui met gratuitement à la disposition des internautes plus de 40 000 titres libres de droits. Cette opération originale veut montrer qu’il est tout à fait possible de distribuer des contenus digitaux et ce, gratuitement et légalement, mais aussi rappeler que la ville de Klagenfurt ne dispose pas de bibliothèque publique. Pour les instigateurs du projet, la prochaine étape sera de distribuer d’autres contenus tels que des films ou de la musique. Ils espèrent également que d’autres villes participeront à un projet similaire.

 

(1) Le NFC est une technologie de communication sans-fil à courte portée et haute fréquence permettant l’échanges d’informations entre des périphériques.

Source : cnetfrance.fr, Jérome Durel.

- Elise Garet

Le FP7 (Seventh Framework Programme) de l'Union Européenne a financé à hauteur de 12,1 millions d'euros le projet IMPACT, destiné à établir un centre européen d'accès aux technologies et experts de la numérisation de masse, afin d'aider les bibliothèques, musées et archives à mener à bien leurs projets de numérisation.

Rendre les richesses culturelles et historiques de l'Europe numériquement accessibles

Ce projet a été inspiré par la richesse culturelle et historique de l'Europe, dont une infime partie est aujourd'hui disponible. Des millions de livres et de documents imprimés reposent dans des bibliothèques et des cartons, accessibles aux seuls chercheurs et universitaires. La numérisation à grande échelle permet de changer progressivement cette réalité. La Commission Européenne a pendant plus de 10 ans mené une campagne pour créer une bibliothèque numérique Européenne. Ce projet a vu le jour avec la création du portail central Europeana, qui met à disposition des milliers de documents numérisés à travers l'Europe. Pendant quatre ans et demi, le projet FP7 a oeuvré pour soutenir cet effort. Ses partenaires technologiques ont développé une suite de logiciels "post-scan" destinée à améliorer la qualité et la finesse de numérisation.

Le projet IMPACT a eu pour but de développer la technologie, les outils et logiciels de numérisation de masse afin de soutenir les projets de numérisation et permettre aux Institutions de les mener à bien efficacement. IMPACT a apporté un système qui fonctionne comme un médiateur: il met en contact les utilisateurs finaux avec les partenaires du projet, experts en numérisation. Un programme de formation traitant des questions et des technologies de la numérisaiton à grande échelle a aussi été mis à disposition sur le site du projet.

Le développement d'un cadre entretenu par un Competence Centre

IMPACT a permis le développement d'un cadre technologique, d'une architecture qui réunit tous les outils et technologies de numérisation en un seul endroit et qui assure qu'ils soient tous interopérables. Clemens Neudecker, manager technique d'IMPACT, commente: "nous voulions permettre aux bibliothèques et archives de choisir le système ou le logiciel qu'elles voulaient et de l'utiliser comme elles le voulaient. Nous ne voulions pas que les gens s'inquiètent des formats de fichiers, des conversions ou des questions d'interopérabilité. Le cadre s'occupe de ces questions, comme du défi de l'extensibilité."

IMPACT a pris fin en juin 2012, mais l'expertise collective de ses partenaires et leur expérience d'utilisation et de développement des outils de numérisation reste ouverte à la communauté de la numérisation de masse par le biais du Competence Centre IMPACT. L'administration de ce centre et le bureau d'aide seront dirigés par la bibliothèque virtuelle Miguel Cervantes et l'Université d'Alicante en Espagne. Les infrastructures informatiques et le stockage seront pris en charge par le "Supercomputing and Networking Centre" de Poznan en Pologne. Enfin, la base de données principale du projet IMPACT est hébergée à l'Institut PRIMA de l'Université de Salford au Royaume-Uni. Elle compte aujourd'hui plus de 500 000 images numérisées venant des bibliothèques partenaires d'IMPACT.

Le Competence Centre est financé par des abonnements, qui sont de 10 000€ pour les organisations privées et entreprises et de 6 000€ pour les établissements publics. Le Dr Balk conclue: "on ne peut pas faire de la numérisation de masse seul. La coopération est vitale et les partenaires d'IMPACT ont maintenant des années d'expérience dans le domaine. Par le biais du Competence Centre nous sommes maintenant à même de partager nos connaissances et notre expérience avec d'autres et à porter plus avant cette vision d'ouverture de la richesse des ressources historiques de l'Europe".

Source: Europe's Information Society

- Manon Vincent

Bibliothèque innovante en matière de numérique et de services au public, la Bibliothèque Nationale de Norvège met depuis 2011 à disposition du public un service de numérisation de la presse, permettant ainsi aux internautes de consulter des milliers de titres.

Depuis 2011, la Bibliothèque Nationale norvégienne a lancé un service de numérisation de la presse norvégienne, permettant aux internautes de visualiser un ensemble considérable de titres de presse. Le service, accessible depuis www.nb.no/aviser, est gratuit et toutes les bibliothèques norvégiennes peuvent accéder aux journaux avec lesquels la Bibliothèque Nationale a conclu un accord. Dès l’automne 2006, en effet, la Bibliothèque Nationale de Norvège a conclu des partenariats avec un certain nombre de journaux norvégiens pour organiser la numérisation d’un très grand nombre de titres de presse. Tandis que les nouveaux titres sont directement déposés à la Bibliothèque Nationale sous un format numérique, la Bibliothèque Nationale et les éditeurs de journaux se partagent les frais relatifs à la numérisation des anciens numéros. Cette collaboration apporte de nombreux avantages à la Bibliothèque Nationale norvégienne qui, en participant à la numérisation des titres de presse, en fait des copies numériques qu’elle rend ensuite accessibles au public en les diffusant à partir de toutes les bibliothèques norvégiennes. Ainsi, les journaux qui ne sont plus soumis aux droits d’auteur peuvent être consultés par tout un chacun.

Actuellement, la Bibliothèque Nationale a conclu des accords pour la numérisation des contenus, avec les journaux Aftenposten, Asker og Bærum Budstikke, Inderøyningen, Jærbladet, Stavanger Aftenblad, Steinkjeravisa, Trønder-Avisa et Verran Namdalseid. En outre, des accords ont été signés entre Adresseavisen et Avisa Nordland pour l’accès numérique dans les bibliothèques norvégiennes. Pour l’instant, la Bibliothèque Nationale de Norvège possède une collection d’environ 350 000 journaux, 235 000 livres, 240 000 pages de manuscrits, 4000 affiches, 740 000 heures d’enregistrements radiophoniques, 310 000 heures de programmes télévisés, 7000 vidéocassettes/films, 7000 disques de 78 tours et 8000 cassettes audio.

Sur le site de la Bibliothèque Nationale (www.nb.no), les visiteurs peuvent chercher à travers plusieurs types de matériaux dans toute la collection. Les résultats des recherches peuvent être mis en commun, indépendamment du fait que la source est un livre, une émission de radio ou un manuscrit. De plus, en proposant différents types de recherche (généraliste et spécialisée), la Bibliothèque Nationale entend répondre à l'ensemble des besoins des utilisateurs.

Souhaitant accroître son nombre de partenariats, la Bibliothèque Nationale ambitionne de numériser l’ensemble de la presse norvégienne dans les quatre ans à venir. Mais offrir davantage de contenu aux utilisateurs n’est pas tout, la Bibliothèque Nationale norvégienne souhaite également ajouter de nouvelles fonctionnalités au moteur de recherche, afin de localiser des contenus spécifiques et d’offrir aux utilisateurs de nouvelles façons de parcourir le référentiel numérique.

Source : Scandinavian Library Quarterly, Svein Arne Solbakk

 

- Manon Vincent

Billet de Lionel Maurel, issu du blog de S.I.Lex.

 

J’avais réalisé en mars un premier billet pour rendre compte d’un certain nombre d’innovations juridiques en matière d’édition numérique qui me paraissaient intéressantes. Il y a du neuf sur ce front depuis, ce qui me conduit à écrire un second billet sur le sujet (en espérant inaugurer une longue série !). Prêter attention à ces innovations pratiques me paraît d’autant plus important que les négociations entre auteurs et éditeurs ont à nouveau débouché sur une impasse au CSPLA, à propos de l’exploitation numérique des oeuvres, et ce malgré les annonces du dernier Salon du Livre. Il est à présent possible que le Code de Propriété Intellectuelle fasse l’objet d’une réforme introduite par le Gouvernement, mais en attendant, l’inspiration se puise directement chez les acteurs sur le terrain ! Tout d’abord, la semaine dernière est parue chez Electre, aux éditions du Cercle de la Librairie,  la seconde édition de l’ouvrage consacré aux bibliothèques et au web 2.0, sous le titre de “Bibliothèques 2.0 : à l’heure des médias sociaux“. Il s’agit d’un ouvrage collectif, dirigé comme la première édition par Véronique Mesguich et Muriel Amar, qui ont bien voulu m’inviter à écrire une contribution sur Twitter et les bibliothèques. Nous avons été un certain nombre de contributeurs (Rémi Mathis, Olivier Ertzscheid, Pauline Moirez, Michèle Battisti, moi-même) à poser une condition à notre participation : celle que le contrat d’édition de l’ouvrage nous permette de publier sur nos blogs et sites personnels en accès gratuit les textes que nous avons fournis pour ce livre. Cette demande a été acceptée par Electre, que l’on peut saluer pour ce geste, ce qui me permet de publier ci-dessous mon article intitulé “Ce que Twitter fait aux bibliothèques (et ce qu’elles peuvent lui faire en retour”. C’est également le cas du texte d’Olivier Ertzscheid, “Science 2.0 : renouveau de la recherche et/ou de l’échange scientifique ?”, qui est consultable sur son blog, et nul doute que plusieurs autres contributeurs feront bientôt de même.

 

Cliquez sur le lien pour consulter l’article : Ce que Twitter fait aux bibliothèques

 

Dans mon billet précédent, j’indiquais que l’ADBS ou encore l’ENSSIB avaient déjà intégré dans leur politique éditoriale cette possibilité de republication des contributions à des ouvrages sur site personnel. Il me semble qu’il s’agit d’un aspect important pour le renouvellement de l’équilibre des contrats d’édition, qui avait déjà été proposé par la licence Edition équitable en 2010. Cette faculté laissée à l’auteur se rapproche de celle que les chercheurs obtiennent lorsqu’ils parviennent à négocier avec les éditeurs scientifiques la possibilité de publier leurs articles dans des archives ouvertes. Le contrat d’édition proposé par Electre n’est pas par ailleurs particulièrement favorable (droits cédés pour toute la durée de la propriété intellectuelle et droits numériques inclus dans le contrat principal), mais qu’un éditeur comme Electre accepte une telle clause de republication à des fins personnelles n’est sans doute pas complètement anodin.

J’encourage tous les auteurs qui contribuent à des ouvrages au Cercle de la Librairie à demander de pouvoir bénéficier de cette possibilité dans leurs contrats. Grand merci à Muriel Amar et Véronique Mesguich, qui nous ont soutenus dans cette démarche auprès de l’éditeur !

***

Une autre approche intéressante est celle développée par @Pouhiou pour l’édition de son projet de blog-roman Noénaute. J’en avais déjà parlé récemment dans S.I.Lex, pour saluer le fait que l’auteur avait décidé de faire passer sa création sous Creative Commons Zéro (CC0), ce qui correspond à un versement volontaire dans le domaine public. @Pouhiou propose à présent sur son site le téléchargement libre et gratuit d’une version du roman, intitulée #Smatarded en format pdf, ePub et ODT.

Mais – et c’est là que les choses deviennent très intéressantes – le fait d’avoir renoncé à ses droits sur l’oeuvre n’empêche pas l’auteur de chercher à distribuer sa création par de multiples canaux, ni à la valoriser commercialement. En effet, @Pouhiou a proposé #Smartarded au Comité de lecture de Framabook, l’éditeur associatif bien connu de livres libres, qui a accepté de prendre en charge l’édition en format papier de l’ouvrage. Ce ne sera d’ailleurs  pas la première fois que Framabook édite des livres placés sous licence CC0 (voir ici et ), mais il me semble que c’est la première fois qu’une oeuvre de fiction emprunte cette voie.

A suivre donc, l’aventure Noénaute.fr, qui montre qu’un modèle juridique très ouvert est conciliable avec un modèle économique.

***

Des modèles économiques et des systèmes alternatifs de financement de la création, il en est encore question avec le lancement récent du site Bibliocratie, qui se présente comme une plateforme de financement de “livres à compte de lecteurs”.

 

 

L’idée consiste à utiliser le crowdfunding (financement collaboratif) pour permettre aux auteurs d’appeler les internautes à rassembler une certaine somme par voie de contribution volontaire, en amont de la publication d’un ouvrage. L’objectif fixé détermine le tirage de l’ouvrage et les sommes versées au-delà constituent un bénéfice pour l’auteur.

La plateforme n’est pas spécialement dédiée à la publication d’ouvrages sous licence libre, mais ce choix est ouvert aux auteurs, qui peuvent décider que lorsque l’objectif financier sera atteint leur ouvrage sera diffusé sous la licence de leur choix.

Dans un billet sur eBouquin.fr, Marc Jahjah de SoBookOnline estime que l’alliance entre crowdfuning et licences libres peut constituer l’un des intérêts essentiels de ce type de sites, en faisant gentiment référence à certains des billets que j’avais consacrés à la question :

Enfin, la promotion de la  licence libre et de ses différentes modalités me semble ici indispensable (voir les billets de @Calimaq, “Licences libres et Crowdfunding“, “L’édition sous licence libre, une utopie ?” et “Unglue Wants to Make a Creative Commons for Ebooks“). L’auteur s’assurerait ainsi de la protection de son oeuvre (il conserve son droit moral) en encourageant sa libre circulation et en envisageant plusieurs moyens (indirects et différés : conférences, sponsorings, etc.; directs : vente papier mais diffusion numérique libre, etc.) de rentabilité, à mesure qu’il gagnerait en “popularité” (la compensation financière, à hauteur du niveau de circulation mesurée, est également possible). Mais là encore, des partenariats publics/privés, qui insèreront l’auteur dans un réseau d’opportunités, seront nécessaires.

Bibliocratie réussira-t-il à transposer en France dans le domaine du livre le succès de la plateforme américaine KickStarter ? On apprenait par exemple hier que l’auteur et entrepreneur américain Seth Godin a réussi par ce biais à atteindre son objectif de 40 000 dollars en trois heures et demi, et qu’il a fini par rassembler plus de 130 000 dollars pour son prochain ouvrage, intitulé The Icarus Deception !

Des initiatives françaises comme Ulule ou KissKissBankBank essaient déjà de creuser leur trou en matière de crowdfunding, mais Bibliocratie est le premier site chez nous à proposer cette formule spécifiquement pour les livres. Unbound existe déjà sur ce modèle en Angleterre et j’ai déjà eu l’occasion de parler sur S.I.Lex du projet américain Unglue.it.

A propos de ce dernier, les nouvelles ne sont hélas pas très bonnes, car il semblerait que la première campagne de financement, dont l’objectif était de “libérer” des livres déjà publiés sous licence Creative Commons, ait du mal à décoller. Une seule collecte sur cinq paraît en mesure de remplir son objectif, alors que les autres sont encore loin du compte. Un résultat décevant, alors que le projet était vraiment enthousiasmant, peut-être dû au choix des ouvrages à libérer, ainsi qu’au montant élevé des sommées demandées.

***

En attendant, je termine avec une autre innovation, certes aux antipodes du numérique, mais absolument charmante ! Une DIY free library, construite quelque part dans les rues de Paris, que vous pouvez retrouver sur le Tumblr Urban Bricolage. Et c’est entièrement légal, comme je l’avais expliqué dans ce billet consacré aux aspects juridiques du Bookcrossing.

PS : pour ne rien oublier, une autre innovation a été engagée par Publie.net à propos de l’impression à la demande dans le cadre de son projet Publie/papier. Un travail important a été engagé pour refondre les contrats d’édition et proposer une formule de mise à disposition en bibliothèque, dans le cadre d’une offre couplée papier/numérique. Je n’ai pas encore écrit sur le sujet, mais je le ferai sans doute au lancement du projet, car l’initiative est très prometteuse, alors que l’impression à la demande est précisément l’un des points sur lesquels achoppe la discussion entre auteurs et éditeurs au CSPLA… Aide-toi et le droit t’aidera ! DIY juridique !

 

Source : scinfolex.wordpresse.com, Lionel Maurel.

 

 

Conférence
- Manon Vincent

Alors que les programmes d’acquisition nationaux, ou « licences nationales », prennent une place grandissante dans le paysage de l’information scientifique et technique, cet atelier du GFII a tenté, à travers les expériences française et allemande, d’aborder les différentes problématiques de ces projets et de préciser à la fois les spécificités de chaque programme et leurs points de convergence, afin de comprendre ce que pourrait être, à terme, l’impact de ces programmes sur l’accès à l’Information Scientifique et Technique (IST) de demain. Thomas Parisot, responsable commercial et marketing de Cairn, animait le débat.

- Manon Vincent

L’armée américaine a lancé un vaste projet afin d’offrir à l’ensemble de son personnel naviguant une bibliothèque de prêt de livres électroniques de qualité. L’armée entend ainsi améliorer ses services de bibliothèque, les considérant comme un aspect essentiel du bien-être de chacun.

Actu marché
- Manon Vincent

Numilog, une librairie numérique en ligne, a récemment annoncé la présentation d’une nouvelle offre de bouquets de livres numériques pour les bibliothèques. Pour ce faire, l’entreprise a choisi le Salon i-Expo ce jeudi 14 juin pour présenter sa « nouvelle offre commerciale à destination des bibliothèques : des bouquets avec accès en ligne illimités ». L’offre que compte présenter Numilog devrait être double :

- pour les éditeurs : une offre de distribution-diffusion numérique multicanale et ouverte,

- pour les bibliothécaires : une solution de Bibliothèque Numérique pour les bibliothèques de lecture publique, les bibliothèques universitaires et bibliothèques d'entreprises.

Toutefois, une question reste en suspens quant à cette nouvelle offre : pourra-t-on télécharger les titres sans limites d’utilisateurs ou simplement les consulter ? La question se pose, en effet, puisque à l’heure actuelle, l’offre de Numilog comporte la vente et l’abonnement titre à titre avec accès simultanés limités.

 

 Source : Actualitté, Clément Solym.

 

Powered by KB Crawl